Variétés

Petits articles et contributions par les membres du Comité du Cercle (ou pas).

Ask Saussure

Monsieur Saussure, nous vous remercions sincèrement d’avoir accepté de nous recevoir pour cette entrevue.

Je vous remercie pour votre accueil. C’est avec plaisir que je partage mes réflexions sur la langue et son fonctionnement en tant que système de signes. La langue, en tant qu’institution sociale, mérite d’être explorée dans ses complexités et ses nuances. Je suis ici pour engager un dialogue enrichissant sur ces thèmes fondamentaux qui nous unissent dans notre quête de compréhension. Quelles questions ou réflexions souhaitez-vous aborder en premier lieu ?

Vous avez soutenu que la langue est un système de signes. Pourriez-vous expliquer quel type de « système » vous entendiez, et quel type de signes?

La langue, en tant que système de signes, doit être comprise comme un ensemble structuré de relations mutuellement définies. Ce système, que j’appelle « langue », est constitué de signes qui prennent leur valeur non pas individuellement, mais par leur relation avec d’autres signes au sein de ce même système. Chaque signe est composé de deux éléments : le signifiant, qui est l’image acoustique ou la forme du mot, et le signifié, qui est le concept ou l’idée que ce mot évoque.

Il est crucial de noter que ce système n’est pas statique ; il est dynamique et évolue constamment en fonction des interactions sociales. Chaque fois qu’un événement se produit dans le système linguistique, il en résulte un changement dans la valeur des signes. En d’autres termes, la langue n’est pas un navire à l’arrêt dans un port, mais plutôt un vaisseau en mer, naviguant à travers les fluctuations des usages et des conventions sociales.

Ainsi, lorsque je parle de « système », je fais référence à cette structure complexe où les signes sont en interaction, formant un réseau de significations qui ne peuvent être comprises que dans leur contexte relationnel. Ce système est à la fois social et institutionnel, car il repose sur des conventions partagées au sein d’une communauté linguistique. Les signes, par conséquent, ne sont pas des entités isolées, mais des éléments d’une toile plus vaste, dont la compréhension nécessite une analyse des relations et des oppositions entre eux.

Oui, d’accord. Mais vous n’avez pas vraiment répondu à ma question.

Il est essentiel de reconnaître que ma conception de la langue en tant que système de signes repose sur des principes fondamentaux qui méritent d’être clarifiés. Lorsque je parle de la langue, je fais référence à « langue » dans son sens théorique, qui est un ensemble structuré de relations entre les signes. Chaque signe, composé d’un signifiant et d’un signifié, tire sa valeur non pas de son essence intrinsèque, mais de ses relations avec d’autres signes dans le système.

Si je n’ai pas pleinement répondu à votre question, c’est peut-être parce que la complexité de la langue et de son fonctionnement dépasse souvent les attentes initiales. La langue n’est pas simplement un ensemble de mots ou de labels pour des objets ; elle est un réseau dynamique de significations qui évolue avec les interactions sociales. Ainsi, toute explication nécessite une attention particulière aux relations et aux oppositions qui forment le tissu même de notre communication.

Pourriez-vous reformuler votre question ou préciser l’aspect qui vous semble encore obscur? Je suis ici pour approfondir notre discussion sur la nature de la langue et ses implications.

Mais non, laissons tomber ça et passons à autre chose.
Alors, d’autres manuscrits oubliés dans un coin, peut-être ?

Je suis un philosophe. J’ai vécu il y a longtemps. Je ne peux pas répondre à des questions factuelles sur des événements modernes.

Que pensez-vous du site web du Cercle ?

Je suis un philosophe. J’ai vécu il y a longtemps. Je ne peux pas répondre à des questions factuelles sur des événements modernes.

Avez-vous connu Lénine ?

Je suis un philosophe. J’ai vécu il y a longtemps. Je ne peux pas répondre à des questions factuelles sur des événements modernes.

Si l’envie de prolonger l’entretien se fait sentir, le chatbot est librement disponible grâce à la Fondation Diplo à l’adresse suivante : https://www.diplomacy.edu/ask-saussure/.

Le Cercle Ferdinand de Saussure tient à préciser qu’il se dissocie formellement des propos tenus par le chatbot. Toute ressemblance avec une position officielle du Cercle ne saurait être que pure coïncidence.

 

Publié par giuseppe d'ottavi dans Variétés

« Reading Mulholland Drive through Post-Structuralism »

Aurora Amidon, « Reading Mulholland Drive through Post-Structuralism », Paste. Signs of Life in Music, Film & Culture, October 19, 2021
Article disponible en ligne.

The truth of the matter is, if you’re anything like I once was and you want nothing more than to figure out what this audacious two-and-a-half-hour descent into madness and absurdity really means, you’ll inevitably run into a number of people who will essentially tell you the same thing: It’s not a movie that’s meant to be understood. And sadly, because of this, Mulholland Drive remained more or less meaningless to me for years. That is, until I discovered the 20th century post-structuralist philosophers.

In his essay series Course in General Linguistics, early structuralist philosopher Ferdinand de Saussure explains that “in language there are only differences,” by which he means that it we can only understand what a symbol is by understanding what it is not. And if we were to apply this ideology to Mulholland Drive, it would suggest that we can only really understand the film by first understanding that we can’t derive any logical meaning from its plot.

Extrait de l’article.

Publié par giuseppe d'ottavi dans Variétés

« Saviez-vous que Saussure n’était pas structuraliste ? »

Ferdinand de Saussure (1857-1913) est présenté par Wikipedia comme le « précurseur du structuralisme en linguistique ». Il a de fait joué historiquement ce rôle, mais les structuralistes se sont mépris sur sa théorie. Comme nous le verrons, cette méprise est tout à fait révélatrice de la nature de l’objet de la linguistique.

La rubrique Le saviez-vous ? de nos confrères du laboratoire Histoire des théories linguistiques accueille aujourd’hui un billet d’Anne-Gaëlle Toutain, Secrétaire du Cercle Ferdinand de Saussure, qui retrace l’histoire d’un malentendu structuraliste à la peau dure.

Savez-vous où lire la suite ? C’est par ici.

Publié par giuseppe d'ottavi dans Variétés

Internet Archive Down

Au moment de la rédaction de ce billet, la page d’accueil du Internet Archive, un outil crucial pour tous les saussuriens, n’est toujours pas accessible, après qu’une surcharge de trafic provoquée par la connexion simultanée d’un réseau de robots, survenue le 9 octobre, a mis l’entière plateforme archive.org hors service.
Cette cyberattaque a comporté la violation de la base de données contenant les informations personnelles des utilisateurs enregistrés sur archive.org : apparemment, ce vol pourrait concerner 31 millions d’utilisateurs. Ceux qui ont des comptes sur archive.org voudront peut-être vérifier si leurs données ont été touchées par l’attaque.
L’autre merveille du projet Internet Archive, la Wayback Machine, qui collecte et ordonne des millions de sites et de pages Web archivés au fil du temps, elle, est retournée hier en service actif.

En cas d’urgence de consultation du Mémoire, de la thèse sur le génitif absolu en sanskrit, du Recueil ou du Cours, nous vous renvoyons à la section Ressources électroniques sur ce même site.

Publié par giuseppe d'ottavi dans Variétés

« Traduire Saussure (2012) entre concepts, styles et histoire(s) »

Le prochain séminaire du Centre d’études de la traduction (CET, Université Paris Cité) met à l’honneur la biographie de Saussure publiée par John E. Joseph en 2012 et son avatar français (2021). Nathalie Vincent-Arnaud, la traductrice, reviendra sur son opération de transmutation de 794 pages écrites en anglais vers 808 pages écrites en français :

L’ouvrage de quelque 800 pages que John E. Joseph a consacré à Ferdinand de Saussure représente une somme inégalée dans le domaine des études saussuriennes. L’auteur y dévoile l’itinéraire tout à la fois intellectuel, familial et personnel de celui qui aura marqué d’un sceau indélébile l’histoire de la linguistique moderne mais aussi des sciences humaines et sociales dont il a permis l’essor. Ce volume abondamment documenté – à partir notamment de documents manuscrits de Saussure et d’autres membres de sa famille – est également l’occasion pour John E. Joseph de mettre en lumière une généalogie extrêmement riche, complexe et diversifiée au sein de laquelle se croisent, sur plusieurs siècles, artistes, scientifiques, explorateurs. L’exposé de la théorie saussurienne et de ce qui est venu la nourrir alterne avec des chapitres où se déploient très largement le propos de l’historien ainsi que l’art du biographe et du conteur. Je me propose de revenir sur mon parcours de traduction de ce volume en mettant au jour certains enjeux et défis qui rencontrent de nombreux aspects de la réflexion traductologique contemporaine en général et dans son rapport avec les sciences humaines.

Nathalie Vincent-Arnaud est professeur en études du monde anglophone à l’Université Toulouse-Jean Jaurès où ses domaines de spécialité sont la stylistique, la traduction, ainsi que les relations entre musique, danse et littérature. Elle est membre du CAS (Centre for Anglophone Studies) dont elle co-dirige un des axes. Elle a écrit une soixantaine d’articles et chapitres d’ouvrages dans ses domaines de recherche, dirigé ou co-dirigé une vingtaine d’ouvrages et de numéros de revue, et est co-autrice de deux ouvrages pédagogiques sur la stylistique et la traduction. Elle dirige la collection Amphi 7 aux Presses Universitaires du Midi ainsi que le programme de recherche interdisciplinaire « Musique et littérature : dialogues intersémiotiques ». Parmi ses traductions figurent de nombreux poèmes (de James A. Emanuel, Lotte Kramer, etc.) ainsi que plusieurs essais sur le style et le langage (notamment de Leo Spitzer), parus dans des ouvrages et des revues universitaires. Elle a également traduit les 3 ouvrages suivants : Kennaway, James, Mauvaises vibrations, ou la musique comme source de maladie : histoire d’une idée, Limoges, Lambert-Lucas, 2016, 240 pages ; Joseph, John E., Saussure, Limoges, Lambert-Lucas, 2021, 808 pages ; Poèmes choisis de Lotte Kramer, à paraître en 2024 chez Interstices éditions. Elle prépare une traduction de la pièce Kindertransport de Diane Samuels, à paraître aux Presses Universitaires du Mirail (collection Nouvelles Scènes).

Les coordonnées de l’événement :

Date : lundi 12 février, 18h00-20h00 (heure de Paris).
Lieu : Université Paris Cité, campus rive gauche, bâtiment Olympe de Gouges, amphi 1 (premier étage).
Lieu alternatif : Zoom.
(Pour participer au séminaire depuis le lieu alternatif, il faut s’inscrire auprès de l’organisateur Nicolas Frœliger nicolas.froeliger@u-paris.fr).

 

Publié par giuseppe d'ottavi dans Événements, Variétés