giuseppe d'ottavi

Paradigme, série et association chez Ferdinand de Saussure – Conférence de Pierre-Yves Testenoire

La prochaine séance du séminaire de recherche « Les paradigmes. Histoire et épistémologie » organisé par le laboratoire d’Histoire des Théories Linguistiques en collaboration avec l’inIdEx EFL est saussurienne.
À l’affiche : Pierre-Yves Testenoire (Université Sorbonne Nouvelle – HTL) – « Paradigme, série et association chez Ferdinand de Saussure ».

🗓️ Date et heure : vendredi 5 juin 2026 à 14h (heure de Paris)
📍 Lieu : bâtiment Olympe de Gouges (salle 533), 8 Place Paul-Ricœur, Paris XIII
🎓 Responsables scientifiques : Margherita Farina et Lionel Dumarty (Laboratoire HTL)
🙋 En salle et en visio
🔗 Informations et lien de connexion : https://htl.cnrs.fr/seminaire-htl-inidex-efl-2025-2027/

Parmi les dualités héritées de la lecture du Cours de linguistique générale, le couple syntagmatique/paradigmatique est sans doute celui dont la validité a été la moins remise en cause. Or, cette dualité est une réélaboration postérieure, due notamment à Hjelmslev. L’enseignement saussurien oppose aux rapports syntagmatiques, les rapports, non pas « paradigmatiques », mais « associatifs ». La nuance est de taille, puisque F. de Saussure réserve le terme de paradigmeau cas restreint des flexions nominales et verbales des langues indo-européennes. Paradigme et association proviennent, par ailleurs, d’univers conceptuels distincts : de la description grammaticale, pour le premier, de la psychologie et de son assimilation par les théories linguistiques des années 1870-1880 (H. Paul, M. Kruszewski), pour le second. Les deux termes sont articulés dans les écrits saussuriens à l’aide d’un troisième terme, dont la source est plus indéterminée : celui de série. L’exposé consistera en une enquête sur ces trois termes – paradigme, série, association – dans les écrits de Saussure. On s’attachera à montrer comment les trois notions contribuent à la réflexion sur les « entités abstraites », centrale dans la conceptualisation saussurienne de la langue.

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Le Concordancier Général

Aujourd’hui, le Cours de linguistique générale fête ses 110 ans.

Comme l’a découvert Estanislao Sofía (Cahiers Ferdinand de Saussure 69, 2016), le 19 mai 1916, l’éditeur Payot écrivait à Charles Bally (BGE. Ms. fr. 5011, f. 161) :

Monsieur,
le « Cours de Linguistique générale » paraît aujourd’hui en librairie. Il sera dès demain samedi entre les mains de tous les libraires genevois. Vous pouvez donc leur adresser vos étudiants.

Pour célébrer dûment cet anniversaire, la Task Force du site du Cercle a mis le Cours dans une petite centrifugeuse numérique d’où est né le Concordancier Général, un outil qui permet une exploration systématique des paroles du Cours : concordances et KWIC (Key Word in Context), statistiques (profil de mot, comparaison de mots, heatmap des sections), index automatique et hapax saussuriens.

Désormais accessible depuis la rubrique Ressources électroniques de notre site, le Concordancier Général repose aujourd’hui en grande partie sur un traitement automatique du texte. Le travail de balisage en cours permettra de l’enrichir progressivement d’index analytiques (noms propres, lieux, œuvres, termes-clé…) et d’autres diableries modernes.

N’hésitez pas à signaler à la Task Force les éventuelles anomalies (erreurs de texte, erreurs d’indexation, passages mal découpés). Le Concordancier Général est imparfait, mais d’ores et déjà opérationnel : vous pouvez donc lui adresser vos étudiants !

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Saussure sous le feu croisé – Conférence d’Estanislao Sofía

Dans le cadre du séminaire de recherche de l’Institut de langue et littérature françaises de l’Université de Berne, Estanislao Sofía donnera une conférence intitulée « Saussure sous le feu croisé : abstractions, données et le débat entre l’idéalisme et le positivisme à l’aube de la linguistique moderne ».

🗓️ Date et heure : vendredi 8 mai 2026 • 13h15 – 15h (heure de Berne)
📍 Lieu : Länggassstrasse 49, 3012 Berne (Salle F 005, Unitobler)
🎓 Responsable scientifique : Anne-Gaëlle Toutain (Université de Berne / Laboratoire HTL)
🎟️ Entrée libre
💻 Également en ligne (inscription obligatoire, voir ci-bas)

Dans cette conférence, Estanislao Sofía examine la réception du Cours de linguistique générale (1916) sous un angle un peu oublié : celui du débat entre l’idéalisme et le positivisme à l’aube de la linguistique moderne. L’auteur s’attache à décrire comment les partisans de l’idéalisme linguistique (tels que Karl Vossler, Amado Alonso ou Benvenuto Terracini) ont accueilli l’œuvre de Saussure, en la confrontant aux lectures de ses contemporains plus traditionnels.
L’étude s’articule autour de deux points majeurs :
• Le positionnement de Saussure vis-à-vis du positivisme, une étiquette qui lui est paradoxalement attribuée par les idéalistes alors que d’autres lecteurs lui reprochent simultanément un penchant pour l’abstraction.
• La validité de la distinction entre langue et parole, utilisée par Sofía comme échantillon pour comparer les cadres épistémologiques de l’époque.
L’analyse de Sofía invite à une réflexion sur la définition même du « donné » et des « données » en linguistique et sur le rapport que chaque courant entretient avec la réalité observable. En explorant ces tensions doctrinales, l’auteur interroge les critères de scientificité revendiqués par l’idéalisme face à l’édifice théorique saussurien.

Estanislao Sofía (photographié ci-contre devant son mur d’escalade préféré) est chercheur au CONICET (Argentine). Ses domaines d’intérêt englobent l’histoire des théories linguistiques, la philologie et la critique génétique. Il a travaillé sur divers problèmes théoriques, philologiques et historiographiques liés à l’œuvre de Ferdinand de Saussure, ainsi que sur des problématiques inhérentes à l’application de la critique génétique à la linguistique et aux sciences humaines.

⚠️ Pour suivre la conférence en ligne, inscrivez-vous avant le 6 mai en renseignant votre nom et votre e-mail dans le formulaire ci-dessous. Le lien de connexion vous sera envoyé peu avant.

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Fadda, Cosenza – Ferdinand de Saussure. Storia di una teoria del linguaggio

Emanuele Fadda, Giuseppe Cosenza, Ferdinand de Saussure. Storia di una teoria del linguaggio, Roma, Carocci («Frecce»), 2026, 312 p., ISBN 9788829035335, 29 €
Notice de l’Éditeur, avec table des matières.

Il destino di Ferdinand de Saussure (1857-1913) è stato quello di essere conosciuto in vita soprattutto come indoeuropeista e di aver ricevuto un’enorme notorietà postuma per un libro che in realtà non aveva scritto: il Corso di linguistica generale, pubblicato nel 1916. Questo volume, invece, ripercorre “dall’interno” la storia del suo pensiero (dai primi studi giovanili alle riflessioni semiologiche, fino ai corsi di linguistica generale) e delinea una mappa della sua influenza passata, presente e futura, non riducibile all’esito strutturalista. Tutti i testi e gli interessi saussuriani (linguistici e non) sono ricostruiti a partire dai lasciti manoscritti e riferendosi alle analisi più avanzate, con rigore, ma in modo accattivante e comprensibile anche per il lettore non specialista. L’intento è sostituire all’immagine un po’ artefatta dell’Atlante che sostiene il cosmos strutturalista (senza poi farne parte davvero) quella di un Sisifo che, pur spaventato dall’«immensità del lavoro» (che confessa solo agli allievi più fidati), ricomincia sempre di nuovo le proprie ricerche, tracciando solchi su cui possiamo continuare a camminare per riflettere sul linguaggio e le lingue.

« […] readers will not fail to appreciate what a fine, subtle study this is, founded on extraordinarily deep research and clearly written — two qualities found together all too rarely. »
(John E. Joseph)

📢 Le volume sera présenté le 12 mai à 14h30 (heure de Salerne) à l’Université de Salerne, salle XII du bâtiment D3. Grazia Basile introduira la séance, puis elle échangera avec les auteurs aux côtés de Mariacristina Falco, Andrea Sansò et Miriam Voghera.
💻 Il sera également possible de suivre l’événement en ligne :

📢 Le volume sera également présenté dans le cadre des Webinar CISPELS le 22 mai à 17h00 (heure italienne).
🎤 La discussion sera animée par Paola Cotticelli-Kurras, avec les interventions de Francesco Bellucci, Stefano Gensini et Marina De Palo.
🔍 Tout détail de l’événement, y compris le lien de connexion, se trouve dans l’affiche.


📻 Le 17 mai dernier, Emanuele Fadda était l’invité de La lingua batte, émission culte de la radio nationale italienne culte Rai Radio 3.
L’entretien, consacré à notre livre, est désormais disponible en podcast sur la plateforme RaiPlay Sound (accès gratuit après inscription rapide). À retrouver à partir de 21 min 30.
👉 C’est par ici pour l’écouter 🎧 (avec grande surprise en ouverture !)

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Simbolon, Putri, Arditha, Rahmansyah, Pasopati – «Analyzing the Lyrics of Hotel California through Structuralism: Saussure and Lévi-Strauss in Perspective»

Sinta Uli Simbolon, Laura Ika Angelina Arfina Putri, Lisma Ayu Arditha, Muhammad Ilham Rahmansyah, Rommel Utungga Pasopati, «Analyzing the Lyrics of Hotel California through Structuralism: Saussure and Lévi-Strauss in Perspective», JOEEL Journal of English Education and Literature 7/1 (2026), p. 55-68, publié en ligne le 30 mars 2026.
DOI: https://doi.org/10.38114/f7qs0c31
Libre accès : https://journal.sanagustin.ac.id/index.php/joeel/article/view/116

On a dark desert highway, cool wind in my hair
Warm smell of colitas, rising up through the air
Up ahead in the distance, I saw a shimmering light
My head grew heavy and my sight grew dim
I had to stop for the night
There she stood in the doorway, I heard the mission bell
And I was thinkin’ to myself, ‘This could be heaven or this could be hell

According to Saussure’s (2013) analysis, there are two signifiers in Verse 1, which are dark desert highway and cool wind. Both of the signifiers illustrate a place and a physical feeling. While the signified meaning goes deeper, it suggests a sense of freedom, an exciting adventure, but also hints at uncertainty or loneliness in the darkness (Rahmawati, 2020; Zhafirah et al., 2025). The phrase warm smell of colitas, often understood as the smell of marijuana, is a signifier of temporary pleasure or relaxation. Its meaning can also be seen as a doorway to deeper experiences or even as a misleading comfort that hides danger (Eagles, 1977; Lestari, 2020; Wijaya, 2021). On the other hand, in Lévi-Strauss’ analysis, there is a binary opposition between freedom and limits. The phrase dark desert highway represents unlimited freedom, but also shows the inner conflict between wanting total freedom and the reality of human limits.
[…]
From the analysis above, Hotel California can be seen as a rich allegorical narrative that uses deep symbolism to criticize social realities. From Ferdinand de Saussure’s semiotic perspective, the song cleverly plays with the relationship between signifiers like dark desert highway, shimmering light, Hotel California, Tiffany-twisted, and the beast, and their layered meanings. These signifiers reveal hidden messages about the illusion of freedom, deceptive beauty, empty luxury, and psychological or spiritual entrapment. Through Claude Lévi-Strauss’s structuralist view, the song acts as a modern myth that reflects and balances many crucial binary oppositions. These include contrasts such as freedom vs. limitation, illusion vs. reality, knowledge vs. uncertainty, heaven vs. hell, purity of the past vs. corruption of the present, and failed escape vs. permanent attachment. As a result, Hotel California stands as a powerful social critique of the dark side of the materialistic American Dream, showing how short-term pleasure can lead to long-term self-enslavement.

Extrait de l’article (§§ Hotel California’s Analysis on Structuralism et Conclusions).

Dans le même numéro : «Post-Structural Analysis of Lacan and Derrida in Queen’s Bohemian Rhapsody».

Voir aussi :

(le solo est à 4 min 22)
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Testenoire – Les cours de Roman Jakobson à l’École libre des hautes études. New York, 1942-1946

Pierre-Yves Testenoire, Les cours de Roman Jakobson à l’École libre des hautes études. New York, 1942-1946, Berlin, De Gruyter, coll. « Études de linguistique française », 2025, VII+448 p., 16 illustrations, 3 planches hors texte, ISBN 9783119147002 ; eISBN 9783112210604, 119,95 €
Notice de l’Éditeur, avec table des matières.

Exilé aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, le linguiste Roman Jakobson (1896–1982) intègre une école française créée par des savants exilés : l’École libre des hautes études. Il y donne une série de cours, auxquels assiste notamment Claude Lévi-Strauss. Cet enseignement a eu un impact majeur sur les sciences humaines contemporaines, puisqu’il est une des sources capitales du « structuralisme généralisé » d’après-guerre. Le présent ouvrage constitue une exploration de ce moment crucial de l’histoire des sciences au XXe siècle.

La première partie du livre reconstitue, à partir de sources inédites, le programme et le contexte social, politique et institutionnel de cet enseignement. Elle contient une analyse épistémologique des cours conservés dans les archives et offre des clefs d’interprétation pour les situer dans l’histoire de la linguistique et, plus largement, des sciences humaines. La seconde partie propose une édition critique de quatre cours inédits de Jakobson donnés en 1942 et 1943.

L’ouvrage donne ainsi accès à des documents inédits sur ce moment crucial des sciences humaines – qui a vu la rencontre à New York de Roman Jakobson et Claude Lévi-Strauss – et il en renouvelle l’interprétation.

« Chapeau bas au capitaine Testenoire for a truly great contribution to the history of 20th-century linguistics. »
(John E. Joseph)

📢 Le volume sera présenté à l’occasion d’une rencontre-débat organisée per l’association ConSciLa qui se tiendra le 27 mars 2026, de 13h30 à 17h30, à la Maison de la recherche (salle D040-50, 28 rue Serpente, 75006 Paris). Discutants : Hugo Dumoulin et Ilona Sinzelle Ponavicova. L’auteur sera présent.

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