Joseph – « Schizolinguistics, from Tuczek’s Analyse einer Katatonikersprache (1921) to Wolfson’s Le Schizo et les langues (1970) »

John E. Joseph, « Schizolinguistics, from Tuczek’s Analyse einer Katatonikersprache (1921) to Wolfson’s Le Schizo et les langues (1970) », Language & Communication 106 [2026], pp. 13-29 ; publié en ligne le 5 décembre 2025.
Libre accès : https://doi.org/10.1016/j.langcom.2025.10.006

Abstract : Attempts to diagnose schizophrenia have been grounded in theories concerning what linguistic deviance reveals about mental function. Tuczek’s patient ‘Frau M.’ was institutionalized for using a language which mixed German and French elements. The psychiatrist Goldstein cherry-picked her utterances to support his advocacy of frontal lobotomy. Louis Wolfson was subjected to electroconvulsive therapy for his intolerance of hearing or seeing English, his mother tongue. His book lays out his phonetic and translinguistic strategies for converting English utterances into other languages. The evidence provided by these cases of schizolinguistics are significant for present-day understanding of the psychology and philosophy of language.

[…]

Wolfson figures […] as one of five writers whose ‘logophilia’ is analyzed by Pierssens (1980), along with Jean-Pierre Brisset (1837–1919) (see Brisset, 1878), Stéphane Mallarmé (1842–1898), Roussel […], and Saussure. The only published English translation of part of an article by Wolfson, to my knowledge, is the brief Wolfson (1978), the introductory note to which says that it is the conclusion to his new version of Wolfson (1970), ‘to be called Point final à une planète infernale (“Full stop to an infernal planet”)’.
Pierssens repeatedly juxtaposes Wolfson and Saussure, saying for instance that

Like Mallarmé, Saussure, and Roussel, Wolfson comes face to face with something like a transcendence, an enigmatic being which effects the collusion of a desire and a form. This elusive phantom, some aspect of which escapes from every grasp, whether it be that of science, literature, or whatever, is the sign. (Pierssens, 1980: 60)

Pierssens, along with Sylvère Lotringer (1938–2021) and many others in the 1970s, believed that Saussure’s search for anagrams as a hermetic technique used by poets since ancient times is symptomatic of a madness on his part, which was subsequently cured when he formulated his theory of the linguistic sign. This is important to ponder, because their treatment of Saussure parallels the diagnosis of Frau M. as catatonic and of L∗∗∗∗ as schizophrenic, along with all the others so diagnosed by Goldstein and his fellow psychiatrists. Pierssens actually labels Saussure as ‘schizophrenic’ and ‘paranoiac’ alongside Wolfson.
Wisdom and madness, what is born of the encounter between the sign and desire produces both delight and anguish, despair and hope. [ …] Wolfson roams through Manhattan and even finds a fraternal prostitute; Saussure believes in the solidarity of poets.

Extrait de l’article (§ 3) ; les références sont disponibles à ce lien.

Publié par giuseppe d'ottavi dans Parutions

Un Cercle linguistique de Tôkyô ?

Séance scientifique organisée par nos confrères du laboratoire Histoire des théories linguistiques (UMR 7597).

📅 Date et heure : 5 décembre 2025, 14h-17h (heure de Paris) | 22h-01h (heure de Tokyo)
📍Lieu : Salle 533, bâtiment Olympe de Gouges, Campus des Grands Moulins de l’Université Paris Cité
🎓 Responsables scientifiques : Laboratoire HTL, Pierre-Yves Testenoire (Sorbonne Université/HTL)
🌐 Programme et info : https://htl.cnrs.fr/5-decembre-2025-un-cercle-linguistique-de-tokyo/

Un « Cercle linguistique de Tôkyô » a-t-il existé ? Henri Frei, présent au Japon de 1934 à 1938, fait état de sa création au début de l’année 1936 et annonce que ce cercle « a inscrit l’étude de la phonologie japonaise en tête de son programme ». Les Études de linguistique japonaise publiées par ce groupe témoignent de cette activité. Elles sont lues avec intérêt par Jakobson et Troubetzkoy. Ce dernier s’étonne de la productivité de ce groupe dans le domaine de la phonologie, au point d’écrire, en 1937, que « le Japon occupe la première place d’après le nombre de travaux phonologiques ». Qu’en est-il réellement de l’existence d’un cercle de linguistique structurale au Japon dans les années 1930 ? Pourquoi, à côté de Prague, Copenhague, Genève ou New York, Tôkyô a-t-il été oublié de la constellation des Cercles cartographiée par l’historiographie ?

Pour répondre à ces questions, la séance scientifique se propose d’explorer ce moment de la linguistique et de la stylistique au Japon à travers deux figures centrales : Hideo Kobayashi (1903-1978) et Henri Frei (1899-1980). Le premier est surtout connu pour son rôle de passeur de la linguistique européenne au Japon, grâce à ses traductions de Saussure, Bally, Frei, Hjelmslev ou Vossler. Du second, on retient généralement La Grammaire des fautes et ses activités à l’Université de Genève, ses années passées en Extrême-Orient restant peu documentées. Les travaux de ces deux savants, qui se rencontrent en 1934, fournissent un bon observatoire du développement de la linguistique et de la stylistique au Japon des années 1920 aux années 1940. Au-delà de leur collaboration et de leurs travaux personnels, ce sont les idées et les réseaux de la linguistique japonaise, en lien avec la linguistique européenne, qui seront au cœur de cette séance scientifique.

Intervenants : Jean Bazantay, Emmanuel Lozerand, Aya Ono.

⚠️ La participation à la visio-conférence est gratuite, mais l’inscription est obligatoire : https://u-paris.zoom.us/meeting/register/JP5ODU-iT3-VR8nEpmCSQA

Publié par giuseppe d'ottavi dans Journée d'étude

Journées de la linguistique estonienne 2025

Les premières Journées de la linguistique estonienne (Eesti keeleteaduse päevad 2025), qui se tiendront à Tartu les 20 et 21 novembre, seront dédiées à Ferdinand de Saussure.

Le Cercle a l’honneur de parrainer cet événement.

📅 Date et lieu : 20-21 novembre 2025, Université de Tartu
🌐 https://keeleteadus.ee/ee/keeleteadusepaevad/

Conférences plénières

Professeure de linguistique générale à l’Université de Tartu.

Je présente un aperçu de l’évolution des théories de la (im)politesse depuis les travaux de Brown et Levinson ainsi que l’approche de Leech il y a un demi-siècle, qui a été ensuite complétée, d’une part, par la distinction entre politesse de premier et deuxième degré, et d’autre part, par la définition de l’impolitesse. Je discute des méthodes permettant d’étudier la (im)politesse et donne des exemples issus des entretiens avec des Estoniens, en me concentrant principalement sur les formes d’adresse, les conversations polies et la communication multilingue.

Professeure de linguistique générale à l’Université de Tallinn.

Au XXe siècle, le structuralisme et la dialectologie étaient opposés ; dans l’étude des contacts linguistiques, on affirmait que l’emprunt morphologique était impossible et que rien ne pouvait être emprunté si les systèmes de deux langues étaient très différents. Uriel Weinreich a tenté de réconcilier structuralisme et dialectologie dans son article de 1954 « Is a structural dialectology possible ? ». La sociolinguistique s’opposait également au structuralisme. Dans l’étude des contacts linguistiques, cette opposition se poursuivait : d’un côté une approche formelle et restrictive, de l’autre une approche sociolinguistique où la forme était ignorée ou rejetée. La perspective cognitive et usage-based montre qu’une voie intermédiaire est possible et que les contacts linguistiques ont des aspects sociaux, cognitifs et linguistiques (structurels). L’illustration est donnée par le cadre de la copie de code, formulé en termes apparentés au structuralisme mais laissant place à une approche cognitive et basée sur l’usage.

Professeur de finnois à l’Université de Turku et professeur invité à l’Université de Tartu.

Dans cette présentation, j’examine les métaphores du mouvement qui expriment la progression du temps et la structure interne du texto en finnois et en estonien. En m’appuyant sur le modèle des métaphores temporelles spatialisées de Kevin Moore (2014) et les travaux ultérieurs, j’analyse l’usage des éléments linguistiques exprimant des relations spatiales dans les métaphores temporelles, y compris le temps mobile (ex. « le temps arrive pour aller passer l’été à Haapsalu ») et le point de vue du lecteur ou de l’observateur. Je distingue les métaphores centrées sur le lecteur et celles non centrées sur le lecteur, et examine la manière dont la position du trajecteur et du repère (« devant » ou « derrière ») est exprimée grammaticalement. Enfin, j’explore comment ces métaphores aident à structurer le texto et à guider l’attention du lecteur, en analysant des exemples issus des textes finnois et estoniens.

Ateliers
Keel ja keeled. Õppimine ja õpetamine

Organisateurs : Reili Argus, Tiina Rüütmaa, Kristiina Bernhardt, Kerttu Rozenvalde, Birute Klaas-Lang

La première année de transition vers l’enseignement en estonien est achevée et les premiers bilans du processus sont désormais possibles, mais malgré l’actualité du sujet, les recherches sur l’acquisition et l’enseignement de l’estonien comme langue seconde, y compris l’enseignement des matières en estonien, restent encore insuffisantes. Les études sur le développement des compétences en estonien des jeunes apprenants et leur soutien, ainsi que sur l’enseignement des matières en estonien, sont particulièrement rares. L’objectif de cet atelier serait donc de rassembler les recherches récentes sur l’enseignement et l’apprentissage de l’estonien comme langue seconde, y compris l’enseignement des matières en estonien.

L’atelier accueille des communications sur l’acquisition de l’estonien par des apprenants de différents âges, tant des comparaisons entre l’acquisition de l’estonien comme langue première et comme langue seconde que des études distinctes sur l’acquisition de l’estonien comme langue première ou seconde, ainsi que sur l’acquisition de la langue des disciplines en estonien, et également des recherches sur l’acquisition de moyens grammaticaux et lexicaux. Nous attendons aussi des communications qui examinent l’acquisition de l’estonien de manière plus restreinte, du point de vue de l’enseignant ou des méthodes utilisées, mais aussi de manière plus large, par exemple en relation avec l’école ou le modèle d’apprentissage linguistique appliqué à l’école.

De plus, des communications sur des thèmes liés à l’acquisition de plusieurs langues sont bienvenues, par exemple sur la manière dont les autres langues, y compris la langue maternelle/familiale/d’origine de l’enfant, trouvent leur place à côté de l’estonien.

Lõunaeesti keel: keelekontaktid ja grammatilised vahendid

Organisateur : Janek Vaab

Dans le débat sur la classification de l’estonien du Sud en langues ou dialectes, il convient de garder à l’esprit qu’avant tout, l’estonien du Sud est l’une des langues fenniques de la Baltique orientale, partageant beaucoup avec les langues apparentées proches. Les traces du parcours méridional de l’estonien du Sud présentent cependant des caractéristiques baltes et slaves plus marquées. L’atelier accueille des communications sur tout sujet dont le matériau de recherche serait caractéristique de l’estonien du Sud ou de l’un de ses dialectes : changement phonétique commun, construction aréale, variation d’un phénomène dans les langues fenniques de la Baltique orientale, mais tout aussi bien des sujets concernant uniquement l’estonien du Sud, couvrant un seul phénomène de l’estonien du Sud, un idiolecte ou un moment précis de la longue histoire de l’estonien du Sud ou de son présent continu.

Noortekeel digiajastul: variatiivsus, mängulisus ja mitmehäälsus

Organisateurs : Kristel Algvere, Kristiina Praakli, Virve-Anneli Vihman

Dans l’atelier sur le langage des jeunes, nous discutons du langage multilingue des jeunes qui utilise différentes modalités, médias et moyens de création de sens, ainsi que de son étude. Nous attendons des communications issues de recherches basées sur des données qui examinent le langage des jeunes sous différents angles, notamment la communication orale et par messagerie instantanée, le multilinguisme, les aspects visuels de la communication numérique, le vocabulaire, la grammaire et la pragmatique, les aspects socioculturels et toutes sortes d’approches technologiques. Nous invitons à participer des chercheurs de différents domaines qui travaillent sur le langage des jeunes dans l’Estonie contemporaine.

Eesti keelte keeletehnoloogia

Organisateurs : Kadri Muischnek, Kaili Müürisep, Siim Orasmaa et Kristiina Vaik

La discipline voisine de la linguistique qu’est la linguistique computationnelle et/ou la technologie linguistique a connu ces dernières années un changement remarquable grâce aux grands modèles de langage, bien que des méthodes plus traditionnelles soient toujours utilisées pour obtenir des résultats fiables et réguliers. Les mêmes tendances sont visibles dans la linguistique computationnelle/technologie linguistique estonienne, qui travaille non seulement sur l’estonien standard, mais aussi sur l’usage linguistique ancien, les dialectes et les langues apparentées, ainsi que sur la langue des signes estonienne. L’objectif de l’atelier prévu est d’échanger des idées et des informations entre linguistes computationnels-technologues du langage et linguistes. Nous attendons pour l’atelier des communications de tous les domaines de la technologie linguistique et des applications qui traitent de toutes les formes de la langue estonienne ou de ses langues apparentées.

Lähivõrdluste töötuba

Organisatrice : Maria-Maren Linkgreim

L’atelier célèbre le 40e anniversaire de la parution du premier numéro de la série Lähivõrdlused (depuis 1985), la publication du 35e numéro (en octobre 2025) et les 15 ans passés sous l’égide de l’Association Estonienne de Linguistique Appliquée (depuis 2010).

Le programme complet est disponible ici : https://keeleteadus.ee/ee/keeleteadusepaevad/programm/

Toutes les info sur ces premières Journées de la linguistique estonienne sont sur le site officiel : https://keeleteadus.ee/ee/keeleteadusepaevad/
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Publié par giuseppe d'ottavi dans Journée d'étude

Altman – «Saussure and the Brazilian ‘scientific grammar’ (1880–1930)»

Cristina Altman, «Saussure and the Brazilian ‘scientific grammar’ (1880–1930)», Language & History, publié en ligne le 18 Aout 2025.
Libre accès : https://doi.org/10.1080/17597536.2025.2535231
L’article est également disponible en PDF.

Since his earliest studies on Saussure and some of his contemporaries’ theories, notably those of William D. Whitney (1827–1894) and Herman Paul (1846–1921), Konrad Koerner consistently maintained that Saussure proposed ideas, both in his Mémoire ([1879] 1987), and in his Cours (1916), in agreement with, or in response to, the intellectual climate of his time. So much so that for Koerner, Saussure’s real value lay more in his capacity to synthesise the ideas that were circulating at the end of the nineteenth and the beginning of the twentieth centuries than in being the first to advance certain concepts, perceived as innovative by various of his later readers (cf. Koerner 1971/1973; Koerner 1988, 2020).

In the Brazilian grammatical tradition, the first mention of Saussure is attributed to the celebrated Brazilian philologist Manuel Said Ali Ida (1861–1953), in the second edition of his Dificuldades da Língua Portugueza (Rio de Janeiro: Besnard Frères, 1919), as translated below:

I have always taken into account, in the various questions I have dealt with, the psychological element as a very important factor in language changes and, investigating the persistence or the instability of linguistic facts, I have taken the Portuguese language as my field of research not only from the literary period that extends from João de Barros1 to Manoel Bernardes2 but also its modern speech and its less studied medieval forms. I was thus able to gather results that give a regular idea of the evolution of the Portuguese language from its emergence to the present moment, from which we can see the reason for [the existence of] certain double dictions,3 which sometimes coexist, sometimes substitute each other, [which has often been] the source of fierce and futile controversies. In these facts, I believe, F. de Saussure would find plenty of material with which to reinforce his luminous assessments of synchronic linguistics and diachronic linguistics. (Ali & Manuel [Ida] 1919: VI, emphasis added)4

So, for Said Ali, one of the Portuguese language’s particularities, regarding the divergent forms (‘double dictions’), one popular, and one erudite, could be easily explained if the linguist, instead of legislating, observed them over a period. A form considered popular, or incorrect, at a certain stage of the language evolution, could be the standard in a later stage. No useless controversies were needed, and these facts support Saussure’s appraisals on synchronic and diachronic linguistics, Said Ali concluded.

Some historiographers in Brazil have given this isolated mention of Saussure an anachronistic interpretation, notably Mattoso (1961/2004: 224), followed by Bechara (1962, 2008) and, more recently, Cavaliere (2018), who saw in Ali a visionary anticipation of the structuralist framework.

In a comprehensive study on the early beginnings of European structuralism, Koerner (1975: 724) rightly observed that no linguist would seriously claim that language is not in some way organised and is merely a conglomerate of isolated terms. In this sense, all linguists would be ‘structurally oriented’ to a certain extent. But being structuralist as we have come to understand it today cannot be applied to Ali’s grammatical writings, any more than to any of his contemporaries in Brazil at the end of the nineteenth century. Rather than a precursor of what would become the structuralist framework, Said Ali was a synthesiser of the normative, pedagogically oriented grammatical tradition and the new demands for a scientifically oriented grammar building on a historical-comparative form.

Extrait de l’article (« Introduction ») ; les références sont disponibles à ce lien.

Publié par giuseppe d'ottavi dans Parutions

Ask Saussure

Monsieur Saussure, nous vous remercions sincèrement d’avoir accepté de nous recevoir pour cette entrevue.

Je vous remercie pour votre accueil. C’est avec plaisir que je partage mes réflexions sur la langue et son fonctionnement en tant que système de signes. La langue, en tant qu’institution sociale, mérite d’être explorée dans ses complexités et ses nuances. Je suis ici pour engager un dialogue enrichissant sur ces thèmes fondamentaux qui nous unissent dans notre quête de compréhension. Quelles questions ou réflexions souhaitez-vous aborder en premier lieu ?

Vous avez soutenu que la langue est un système de signes. Pourriez-vous expliquer quel type de « système » vous entendiez, et quel type de signes?

La langue, en tant que système de signes, doit être comprise comme un ensemble structuré de relations mutuellement définies. Ce système, que j’appelle « langue », est constitué de signes qui prennent leur valeur non pas individuellement, mais par leur relation avec d’autres signes au sein de ce même système. Chaque signe est composé de deux éléments : le signifiant, qui est l’image acoustique ou la forme du mot, et le signifié, qui est le concept ou l’idée que ce mot évoque.

Il est crucial de noter que ce système n’est pas statique ; il est dynamique et évolue constamment en fonction des interactions sociales. Chaque fois qu’un événement se produit dans le système linguistique, il en résulte un changement dans la valeur des signes. En d’autres termes, la langue n’est pas un navire à l’arrêt dans un port, mais plutôt un vaisseau en mer, naviguant à travers les fluctuations des usages et des conventions sociales.

Ainsi, lorsque je parle de « système », je fais référence à cette structure complexe où les signes sont en interaction, formant un réseau de significations qui ne peuvent être comprises que dans leur contexte relationnel. Ce système est à la fois social et institutionnel, car il repose sur des conventions partagées au sein d’une communauté linguistique. Les signes, par conséquent, ne sont pas des entités isolées, mais des éléments d’une toile plus vaste, dont la compréhension nécessite une analyse des relations et des oppositions entre eux.

Oui, d’accord. Mais vous n’avez pas vraiment répondu à ma question.

Il est essentiel de reconnaître que ma conception de la langue en tant que système de signes repose sur des principes fondamentaux qui méritent d’être clarifiés. Lorsque je parle de la langue, je fais référence à « langue » dans son sens théorique, qui est un ensemble structuré de relations entre les signes. Chaque signe, composé d’un signifiant et d’un signifié, tire sa valeur non pas de son essence intrinsèque, mais de ses relations avec d’autres signes dans le système.

Si je n’ai pas pleinement répondu à votre question, c’est peut-être parce que la complexité de la langue et de son fonctionnement dépasse souvent les attentes initiales. La langue n’est pas simplement un ensemble de mots ou de labels pour des objets ; elle est un réseau dynamique de significations qui évolue avec les interactions sociales. Ainsi, toute explication nécessite une attention particulière aux relations et aux oppositions qui forment le tissu même de notre communication.

Pourriez-vous reformuler votre question ou préciser l’aspect qui vous semble encore obscur? Je suis ici pour approfondir notre discussion sur la nature de la langue et ses implications.

Mais non, laissons tomber ça et passons à autre chose.
Alors, d’autres manuscrits oubliés dans un coin, peut-être ?

Je suis un philosophe. J’ai vécu il y a longtemps. Je ne peux pas répondre à des questions factuelles sur des événements modernes.

Que pensez-vous du site web du Cercle ?

Je suis un philosophe. J’ai vécu il y a longtemps. Je ne peux pas répondre à des questions factuelles sur des événements modernes.

Avez-vous connu Lénine ?

Je suis un philosophe. J’ai vécu il y a longtemps. Je ne peux pas répondre à des questions factuelles sur des événements modernes.

Si l’envie de prolonger l’entretien se fait sentir, le chatbot est librement disponible grâce à la Fondation Diplo à l’adresse suivante : https://www.diplomacy.edu/ask-saussure/.

Le Cercle Ferdinand de Saussure tient à préciser qu’il se dissocie formellement des propos tenus par le chatbot. Toute ressemblance avec une position officielle du Cercle ne saurait être que pure coïncidence.

 

Publié par giuseppe d'ottavi dans Variétés

Joseph – « Koerner, Saussure, Chomsky: an eternal upbraiding of the ‘Great Man theory’ »

John E. Joseph, « Koerner, Saussure, Chomsky: an eternal upbraiding of the ‘Great Man theory’ », Language & History, publié en ligne le 14 aout 2025.
Libre accès : https://doi.org/10.1080/17597536.2025.2535222
L’article est également disponible en PDF.

For his doctoral research, Koerner was fortunate to have the manuscript resources provided by Robert Godel (1902–1984) (Godel 1957) and the first volume of the critical edition of the CLG by Rudolf Engler (1930–2003), as well as the annotated Italian translation of the CLG by Tullio De Mauro (1932–2017), with De Mauro’s notes and additional material not appearing in French translation until 1972. This additional material includes a biography of Saussure that is extraordinarily rich given what limited material was available at the time. One of its key sources was an autobiographical account by Saussure which Godel had published (Saussure 1960), and which was accepted unquestioningly – until another half dozen versions that Saussure drafted came to light, in which some key events are related differently, making it impossible to take everything it says at face value2. Nevertheless, it offered insights into Saussure’s background and character that would remain unique until his correspondence became public, starting with Benveniste (1964).
The abstract to Koerner (1971a) states that whilst his study ‘constitutes a contribution to general linguistic theory and to the history of linguistics’, he has chosen to centre it on Saussure on account of three ‘traditional assumptions’, which, however, Koerner does not accept:
– Saussure has been almost unanimously regarded as the founder of modern structural linguistics;
– his posthumous Cours de linguistique générale has generally been interpreted as a complete break with previous theories of language, in particular those of the Junggrammatiker, and
– modern linguists have tended to regard his achievements as the creative act of a genius who was completely independent of the intellectual atmosphere of his time. (Koerner 1971a, iii).
He declares that, ‘because our own findings do not confirm this’, he will challenge not merely these assumptions but the entire ‘manner in which the history of linguistics has been written’ (ibid.). It was no empty boast.
What Koerner opposes is, above all, historical discontinuity, which tends to go hand in hand with the ‘Great Man theory’ of history. The discontinuity can be both diachronic, as in (2) above, and synchronic, as in (3). The ‘Great Man theory’ is a legacy of the Romantic hero, encapsulated in the dictum that ‘The History of the world is but the Biography of great men’ (Carlyle 1841, 47). Much of Koerner’s work, from the dissertation onward, would be aimed at rescuing and recording the important contributions of men and women who were not generally reckoned to be Great. As for those who were deemed Great, one rarely finds Koerner denying the importance of their work; rather, he aims to show how their giant stature has been achieved by standing upon the shoulders of less famous predecessors and contemporaries.

Extrait de l’article ; les références sont disponibles à ce lien.

Publié par giuseppe d'ottavi dans Parutions

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