Événements

Annonces de colloques, séminaires & rencontres à sujet linguistique et saussurien.

Un Cercle linguistique de Tôkyô ?

Séance scientifique organisée par nos confrères du laboratoire Histoire des théories linguistiques (UMR 7597).

📅 Date et heure : 5 décembre 2025, 14h-17h (heure de Paris) | 22h-01h (heure de Tokyo)
📍Lieu : Salle 533, bâtiment Olympe de Gouges, Campus des Grands Moulins de l’Université Paris Cité
🎓 Responsables scientifiques : Laboratoire HTL, Pierre-Yves Testenoire (Sorbonne Université/HTL)
🌐 Programme et info : https://htl.cnrs.fr/5-decembre-2025-un-cercle-linguistique-de-tokyo/

Un « Cercle linguistique de Tôkyô » a-t-il existé ? Henri Frei, présent au Japon de 1934 à 1938, fait état de sa création au début de l’année 1936 et annonce que ce cercle « a inscrit l’étude de la phonologie japonaise en tête de son programme ». Les Études de linguistique japonaise publiées par ce groupe témoignent de cette activité. Elles sont lues avec intérêt par Jakobson et Troubetzkoy. Ce dernier s’étonne de la productivité de ce groupe dans le domaine de la phonologie, au point d’écrire, en 1937, que « le Japon occupe la première place d’après le nombre de travaux phonologiques ». Qu’en est-il réellement de l’existence d’un cercle de linguistique structurale au Japon dans les années 1930 ? Pourquoi, à côté de Prague, Copenhague, Genève ou New York, Tôkyô a-t-il été oublié de la constellation des Cercles cartographiée par l’historiographie ?

Pour répondre à ces questions, la séance scientifique se propose d’explorer ce moment de la linguistique et de la stylistique au Japon à travers deux figures centrales : Hideo Kobayashi (1903-1978) et Henri Frei (1899-1980). Le premier est surtout connu pour son rôle de passeur de la linguistique européenne au Japon, grâce à ses traductions de Saussure, Bally, Frei, Hjelmslev ou Vossler. Du second, on retient généralement La Grammaire des fautes et ses activités à l’Université de Genève, ses années passées en Extrême-Orient restant peu documentées. Les travaux de ces deux savants, qui se rencontrent en 1934, fournissent un bon observatoire du développement de la linguistique et de la stylistique au Japon des années 1920 aux années 1940. Au-delà de leur collaboration et de leurs travaux personnels, ce sont les idées et les réseaux de la linguistique japonaise, en lien avec la linguistique européenne, qui seront au cœur de cette séance scientifique.

Intervenants : Jean Bazantay, Emmanuel Lozerand, Aya Ono.

⚠️ La participation à la visio-conférence est gratuite, mais l’inscription est obligatoire : https://u-paris.zoom.us/meeting/register/JP5ODU-iT3-VR8nEpmCSQA

Publié par giuseppe d'ottavi dans Journée d'étude

Journées de la linguistique estonienne 2025

Les premières Journées de la linguistique estonienne (Eesti keeleteaduse päevad 2025), qui se tiendront à Tartu les 20 et 21 novembre, seront dédiées à Ferdinand de Saussure.

Le Cercle a l’honneur de parrainer cet événement.

📅 Date et lieu : 20-21 novembre 2025, Université de Tartu
🌐 https://keeleteadus.ee/ee/keeleteadusepaevad/

Conférences plénières

Professeure de linguistique générale à l’Université de Tartu.

Je présente un aperçu de l’évolution des théories de la (im)politesse depuis les travaux de Brown et Levinson ainsi que l’approche de Leech il y a un demi-siècle, qui a été ensuite complétée, d’une part, par la distinction entre politesse de premier et deuxième degré, et d’autre part, par la définition de l’impolitesse. Je discute des méthodes permettant d’étudier la (im)politesse et donne des exemples issus des entretiens avec des Estoniens, en me concentrant principalement sur les formes d’adresse, les conversations polies et la communication multilingue.

Professeure de linguistique générale à l’Université de Tallinn.

Au XXe siècle, le structuralisme et la dialectologie étaient opposés ; dans l’étude des contacts linguistiques, on affirmait que l’emprunt morphologique était impossible et que rien ne pouvait être emprunté si les systèmes de deux langues étaient très différents. Uriel Weinreich a tenté de réconcilier structuralisme et dialectologie dans son article de 1954 « Is a structural dialectology possible ? ». La sociolinguistique s’opposait également au structuralisme. Dans l’étude des contacts linguistiques, cette opposition se poursuivait : d’un côté une approche formelle et restrictive, de l’autre une approche sociolinguistique où la forme était ignorée ou rejetée. La perspective cognitive et usage-based montre qu’une voie intermédiaire est possible et que les contacts linguistiques ont des aspects sociaux, cognitifs et linguistiques (structurels). L’illustration est donnée par le cadre de la copie de code, formulé en termes apparentés au structuralisme mais laissant place à une approche cognitive et basée sur l’usage.

Professeur de finnois à l’Université de Turku et professeur invité à l’Université de Tartu.

Dans cette présentation, j’examine les métaphores du mouvement qui expriment la progression du temps et la structure interne du texto en finnois et en estonien. En m’appuyant sur le modèle des métaphores temporelles spatialisées de Kevin Moore (2014) et les travaux ultérieurs, j’analyse l’usage des éléments linguistiques exprimant des relations spatiales dans les métaphores temporelles, y compris le temps mobile (ex. « le temps arrive pour aller passer l’été à Haapsalu ») et le point de vue du lecteur ou de l’observateur. Je distingue les métaphores centrées sur le lecteur et celles non centrées sur le lecteur, et examine la manière dont la position du trajecteur et du repère (« devant » ou « derrière ») est exprimée grammaticalement. Enfin, j’explore comment ces métaphores aident à structurer le texto et à guider l’attention du lecteur, en analysant des exemples issus des textes finnois et estoniens.

Ateliers
Keel ja keeled. Õppimine ja õpetamine

Organisateurs : Reili Argus, Tiina Rüütmaa, Kristiina Bernhardt, Kerttu Rozenvalde, Birute Klaas-Lang

La première année de transition vers l’enseignement en estonien est achevée et les premiers bilans du processus sont désormais possibles, mais malgré l’actualité du sujet, les recherches sur l’acquisition et l’enseignement de l’estonien comme langue seconde, y compris l’enseignement des matières en estonien, restent encore insuffisantes. Les études sur le développement des compétences en estonien des jeunes apprenants et leur soutien, ainsi que sur l’enseignement des matières en estonien, sont particulièrement rares. L’objectif de cet atelier serait donc de rassembler les recherches récentes sur l’enseignement et l’apprentissage de l’estonien comme langue seconde, y compris l’enseignement des matières en estonien.

L’atelier accueille des communications sur l’acquisition de l’estonien par des apprenants de différents âges, tant des comparaisons entre l’acquisition de l’estonien comme langue première et comme langue seconde que des études distinctes sur l’acquisition de l’estonien comme langue première ou seconde, ainsi que sur l’acquisition de la langue des disciplines en estonien, et également des recherches sur l’acquisition de moyens grammaticaux et lexicaux. Nous attendons aussi des communications qui examinent l’acquisition de l’estonien de manière plus restreinte, du point de vue de l’enseignant ou des méthodes utilisées, mais aussi de manière plus large, par exemple en relation avec l’école ou le modèle d’apprentissage linguistique appliqué à l’école.

De plus, des communications sur des thèmes liés à l’acquisition de plusieurs langues sont bienvenues, par exemple sur la manière dont les autres langues, y compris la langue maternelle/familiale/d’origine de l’enfant, trouvent leur place à côté de l’estonien.

Lõunaeesti keel: keelekontaktid ja grammatilised vahendid

Organisateur : Janek Vaab

Dans le débat sur la classification de l’estonien du Sud en langues ou dialectes, il convient de garder à l’esprit qu’avant tout, l’estonien du Sud est l’une des langues fenniques de la Baltique orientale, partageant beaucoup avec les langues apparentées proches. Les traces du parcours méridional de l’estonien du Sud présentent cependant des caractéristiques baltes et slaves plus marquées. L’atelier accueille des communications sur tout sujet dont le matériau de recherche serait caractéristique de l’estonien du Sud ou de l’un de ses dialectes : changement phonétique commun, construction aréale, variation d’un phénomène dans les langues fenniques de la Baltique orientale, mais tout aussi bien des sujets concernant uniquement l’estonien du Sud, couvrant un seul phénomène de l’estonien du Sud, un idiolecte ou un moment précis de la longue histoire de l’estonien du Sud ou de son présent continu.

Noortekeel digiajastul: variatiivsus, mängulisus ja mitmehäälsus

Organisateurs : Kristel Algvere, Kristiina Praakli, Virve-Anneli Vihman

Dans l’atelier sur le langage des jeunes, nous discutons du langage multilingue des jeunes qui utilise différentes modalités, médias et moyens de création de sens, ainsi que de son étude. Nous attendons des communications issues de recherches basées sur des données qui examinent le langage des jeunes sous différents angles, notamment la communication orale et par messagerie instantanée, le multilinguisme, les aspects visuels de la communication numérique, le vocabulaire, la grammaire et la pragmatique, les aspects socioculturels et toutes sortes d’approches technologiques. Nous invitons à participer des chercheurs de différents domaines qui travaillent sur le langage des jeunes dans l’Estonie contemporaine.

Eesti keelte keeletehnoloogia

Organisateurs : Kadri Muischnek, Kaili Müürisep, Siim Orasmaa et Kristiina Vaik

La discipline voisine de la linguistique qu’est la linguistique computationnelle et/ou la technologie linguistique a connu ces dernières années un changement remarquable grâce aux grands modèles de langage, bien que des méthodes plus traditionnelles soient toujours utilisées pour obtenir des résultats fiables et réguliers. Les mêmes tendances sont visibles dans la linguistique computationnelle/technologie linguistique estonienne, qui travaille non seulement sur l’estonien standard, mais aussi sur l’usage linguistique ancien, les dialectes et les langues apparentées, ainsi que sur la langue des signes estonienne. L’objectif de l’atelier prévu est d’échanger des idées et des informations entre linguistes computationnels-technologues du langage et linguistes. Nous attendons pour l’atelier des communications de tous les domaines de la technologie linguistique et des applications qui traitent de toutes les formes de la langue estonienne ou de ses langues apparentées.

Lähivõrdluste töötuba

Organisatrice : Maria-Maren Linkgreim

L’atelier célèbre le 40e anniversaire de la parution du premier numéro de la série Lähivõrdlused (depuis 1985), la publication du 35e numéro (en octobre 2025) et les 15 ans passés sous l’égide de l’Association Estonienne de Linguistique Appliquée (depuis 2010).

Le programme complet est disponible ici : https://keeleteadus.ee/ee/keeleteadusepaevad/programm/

Toutes les info sur ces premières Journées de la linguistique estonienne sont sur le site officiel : https://keeleteadus.ee/ee/keeleteadusepaevad/
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Publié par giuseppe d'ottavi dans Journée d'étude

Quelques relations moins connues de l’École de Prague : Réseaux et dynamiques de transfert culturel

Workshop international organisé par l’Université Charles de Prague en collaboration avec MODERNITAS (MSH – Université Libre de Bruxelles) et Université de Zurich.
📅 Date et lieu : 21-22 mai 2026, Université Charles de Prague
👥 Comité d’organisation : Eva Krásová (Université Charles, Prague) et Martina Mecco (MODERNITAS – MSH – Université Libre de Bruxelles)
📄 Télécharger l’appel à communications (version française)
📄 Download the Call for Papers (English version) 
📋 Programme et info

📢 Nouveau ! Suivez le colloque en ligne :

Les recherches consacrées au développement des théories linguistiques et littéraires dans le contexte des échanges interculturels apportent des contributions significatives à l’état actuel des études (Sériot 1999 ; Archaimbault 2011 ; Mrugalski – Shahadat – Wutsdorff – Ulicka 2023). L’importance du concept de « transfert culturel », largement exploré dans les études littéraires francophones et allemandes, s’avère également fructueuse lorsqu’elle est appliquée à des phénomènes tels que l’École de Prague. La notion de « transfert » elle-même prend des formes diverses – de l’idée d’individus incarnant cette fonction, comme Roman Jakobson (Glanc 2023 ; Mecco 2022), à la migration de concepts théoriques (Flack 2023 ; Lachmann 2023 ; Pilshchikov 2024). À cela s’ajoute le phénomène de l’émigration, qui a conduit à de nouveaux développements du structuralisme. Le cadre méthodologique de l’historiographie linguistique (Koerner 1978) permet de saisir plus précisément les aspects évolutifs et le positionnement historique des individus dans les échanges culturels (Joseph 2024), ou d’évaluer certaines stratégies rhétoriques (Puech 2015).

Dès ses débuts, l’École de Prague s’est voulue internationale, et ses membres ont établi des connexions pivots avec d’autres contextes scientifiques. Certains de ces liens ont été décrits en détail, tandis que d’autres ont reçu peu d’attention jusqu’à présent. Il s’agit d’une part du rôle de membres moins connus de l’École de Prague, en particulier leur rôle dans la construction de réseaux scientifiques (par exemple Luis Brun, Noémi Ripka-Schlochow, Ľudovít Novák), et d’autre part des liens avec des domaines entiers de recherche scientifique.

[…]

En ce qui concerne l’objet de notre recherche, nous entendons l’École de Prague comme définie non seulement par la liste de ses membres officiels, mais plus largement par le réseau de contacts savants développé au cours de son activité. Ce réseau comprend des individus qui, sans être formellement affiliés, ont entretenu des liens intellectuels étroits avec elle. D’un point de vue chronologique, nous souhaitons nous concentrer sur la période dite « classique » de l’École de Prague (1926–1939).

Nous accueillons les contributions qui explorent l’École de Prague en tant que centre dynamique d’échanges intellectuels, façonné par des contacts transnationaux, des migrations théoriques et des interactions multilingues. Une attention particulière sera accordée aux propositions qui mettent en lumière des figures moins connues, des réseaux savants négligés et la réception de l’héritage de l’École de Prague dans la période post-1948. L’objectif de ce workshop est de réunir des chercheurs de différents horizons et de favoriser un dialogue productif qui contribuera au développement des études sur l’École de Prague.

Extrait de l’argumentaire.

ℹ️ Info pratiques :

– Langues du colloque : anglais et français ;
– Les propositions de communication (300 mots) sont à envoyer conjointement à martina.mecco@ulb.be et eva.krasova@ff.cuni.cz ;
– Date limite de réception des propositions de communication : 30 novembre 2025 ;
– Colloque : 21-22 mai 2026.

Publié par giuseppe d'ottavi dans Colloque, Événements